Comment identifier la désinformation.

Le 12 avril 2017.

Voilà un sujet qui passionne les foules depuis le tout début de l’histoire de l’humanité. De la propagande à la rumeur, les techniques de manipulation et de désinformation ont toujours suscité la curiosité. Aujourd’hui, on entend cyberguerre, fake news, hoax, mais qu’en est-il vraiment ?

Selon Patrick Eveno, historien des médias et Président de l’Observatoire de la déontologie de l’information, le mot cyberguerre donne une connotation trop technique à ce qu’elle est en réalité. Nous sommes bien dans une guerre de l’information. Internet et les réseaux sociaux ne sont en réalité que des supports qui véhiculent l’information, qu’elle soit vraie ou fausse. Facebook, Twitter et autres ne sont ainsi que les bistrots de l’époque ou les cercles d’amis, de collègues, ou encore de voisins qui se retrouvent pour discuter le bout de gras.

Se pose la question de savoir quels sont les sujets abordés entre toutes ces relations sociales. La fake news serait plutôt ce que l’on pourrait appeler une information controuvée. C’est à dire, une information inventée de toute pièce ou mensongère. En tant qu’individu nous devons alors faire le tri entre les informations, celles qui sont des vérités absolues jusqu’aux mensonges absolus. Par défaut, nous allons tous faire confiance aux médias, qui selon leur degré d’intégrité et de professionnalisme vont proposer des informations plus ou moins valides et plus ou moins fiables. Mais entre ce que nous entendons, ce que nous comprenons et ce que nous transmettons, il y a toujours un écart significatif. Se pose alors la question de toute cette « réinfosphère » qui véhicule des informations pas toujours vérifiées ou simplement déformées au fil du temps.

Rappelons ici le principe de base qui veut qu’une information doit être vraie et vérifiée. Autrement dit, la source de l’information doit être clairement identifiée. Qui est-ce ? Dans quel but ? D’où tiennent-ils leurs informations ? Etc.
Elle doit provenir de plusieurs sources vérifiées, être libre et responsable. Voilà le code déontologique de l’information fiable. Reprenons l’exemple du Gorafi qui reprend exactement les traits du Figaro, mais qui en réalité est un journal satirique. Ce média a été assez souvent pris très au sérieux par des états étrangers.

Dans quel but sont créés ces fake news ?

Il est assez facile de penser que des informations peuvent être à la base construite dans un but satirique ou de parodie. Cependant, cette méthode de propagande est très souvent utilisée pour déstabiliser une personne publiquement exposée, une entreprise, ou encore l’opinion publique.
Nous pouvons citer ici plusieurs exemples : la rémunération d’Emmanuel Macron et en particulier son patrimoine ; l’atteinte à la réputation d’une entreprise par exemple dans le cas Buffalo Grill en 2000 ; enfin IVG.net est un site internet qui ressemble à un site gouvernemental sur l’interruption volontaire de grossesse, mais qui en réalité véhicule volontairement de fausses informations, car les protagonistes sont contre l’IVG. Notons que ce site, tellement ressemblant à un site officiel, a été repris sur des sites gouvernementaux et de service public ce qui a porté une grave atteinte aux personnes concernées.

Des initiatives pour s’en prémunir

Il est donc important de parler du travail mené par les Décodeurs du groupe Le Monde, piloté par Samuel Laurent, qui proposent un décryptage de l’information diffusée par les médias.
Par ailleurs, ils sont à l’initiative du projet Décodex qui est un outil de validation de l’information et des sites sur lesquels vous pouvez trouver ces informations. Il présente l’immense avantage de simplement saisir l’adresse du site internet et d’obtenir immédiatement la validation ou l’invalidation du site internet sur la qualité des informations transmises.

Les bibliothèques ne sont pas en reste face à l’information et aux médias sociaux. En effet, il existe également des ateliers organisés à la Bibliothèque Publique d’Information (BPI) à Beaubourg, sur le thème « info / intox ». La BPI comme beaucoup d’autres bibliothèques académiques et médiathèques utilisent des outils comme Europresse.com pour mettre en perspective différentes opinions et faire ressortir les informations pertinentes à votre analyse. Cet outil permet de se faire rapidement une opinion grâce à la grande diversité des sources d’informations disponibles dans un grand nombre de pays.

Par Jérémie Aboiron – Partner at Aboiron & Associates
Consultez la version anglaise sur le site Exploring Strategy

 

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